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OSTÉOPATHIE ÉQUINE : Quels motifs de consultation ?

Posté le 18 novembre 2015, dans Techniques et Compétences | -- commentaire(s)
Le conseil de Morgane Mazuc, ostéopathe animalier spécialisé équins, basée en Midi-Pyrénées.

Si parfois le choix de faire intervenir un ostéopathe équin peut être clair, certains comportements du cheval pourtant synonymes de mal­-être peuvent aussi passer inaperçus...

Voici quelques motifs de consultations en ostéopathie :

  • Cheval avec les oreilles en arrière, tente de mordre, ou grince des dents au poser de la selle, au sanglage, au montoir, ou même au pansage
  • N'exécute plus correctement un exercice auparavant bien réalisé ou même se mets à refuser l'exercice.
  • Fouaille de la queue et mets les oreilles en arrières lors d'une demande de départ au galop, de transitions ou d'arrêts en équilibre.
  • Ruades lors d'une demande (souvent départ au galop)
  • Part au galop à faux, se désunit
  • Difficultés à s'incurver d'un côté
  • N'utilise pas son dos au travail (le creuse et perte d'engagement postérieur)
  • Se défend au trot assis
  • A l'obstacle, se mets à charger les sauts, à refuser, à ruer à la réception ou a du mal à passer les postérieurs...
  • Juments irritables au travail lors des chaleurs
  • Vérification globale suite à une chute, un accident...
  • N'arrive plus à faire le tour quand il se roule
  • Perte de performance en compétition
  • Changement de comportement soudain (agressivité, apathie)
  • Pour les chevaux âgés montés ou non qui montrent des signes d'inconfort ou de raideurs
  • Pour les chevaux d'élevage : poulinière qui refuse la saillie en période de chaleur, après le poulinage pour ré­équilibrer le bassin et le reste, étalon qui se bloque le dos et hésite ou refuse de saillir, poulain qui a eu une naissance difficile, semble "tordu".
  • Et puis suivi régulier des chevaux travaillés (en compétition ou loisir) afin de régler les dysfonctions sans les laisser s'installer à long terme.

En ostéopathie on parle de "restriction de mobilité" ou "dysfonction" ("blocage" dans le langage courant) qui est une limitation de mouvement (vertébral ou de toute autre structure) ce qu'il faut différencier d'une "lésion" qui est plus grave et est une atteinte de l’intégrité des structures. Une lésion est par exemple une élongation musculaire voire une déchirure musculaire ou encore une fêlure, une fracture ou une luxation avec déchirure ligamentaire. Ces cas de lésions sont des cas d'urgence vétérinaire.

Par contre il est possible de travailler en complément du traitement vétérinaire à la suite d'une convalescence, d'une chirurgie, ou d'une boiterie de longue durée afin de régler les compensations mises en place par le cheval suite au changement de locomotion ou de positionnement. Une entorse au boulet ou toute autre affection du membre (comme une tendinite du fléchisseur superficiel ou profond, abcès de pied...) va modifier l'appui des membres au sol : report de poids sur l'antérieur sain. Ce qui peut entraîner un verrouillage des structures du membre surchargé et fréquemment bloquer la charnière cervico­thoracique puis remonter sur les cervicales hautes ou garrot. Une fois la pathologie réglée même s'il n'y a plus de douleur au membre le cheval va rester avec ses dysfonctions mises en places et cela va le gêner dans certains mouvements.

Lorsqu'un étage vertébral est en restriction "bloqué" il y a spasme musculaire et entrave de la circulation sanguine. Sachant que chez le cheval les dysfonctions en chaîne se font plus facilement que chez le chien ou le chat. Il est aussi possible de travailler sur les tissus mous lors de la cicatrisation d'une lésion musculaire ou tendineuse pour garder au maximum l'élasticité de la structure. Cela va permettre de limiter les adhérences fibreuses qui à terme réduisent l'amplitude de mouvement.

Sur les chevaux âgés raides qui présentent souvent de l'arthrose on peut travailler à améliorer la mobilité vertébrale et globale afin que l'animal fonctionne mieux et soit plus confortable. Les chevaux ont aussi une particularité par rapport aux autres animaux dans l'approche ostéopathique : il y a généralement la présence et donc l'influence d'un (ou plusieurs) cavalier(s) sur l'équilibre du corps du cheval. Il est important de prendre en compte le cavalier dans l'approche globale de l'animal car très souvent le bipède a lui aussi des dysfonctions plus ou moins importantes qui vont générer une adaptation du cheval ! Selon les dysfonctions du cavalier et du cheval, elles peuvent être plus ou moins dysharmonieuses et gênantes mises ensemble.

Par exemple un cavalier qui a un problème de bassin et s’appuie plus sur une fesse que l'autre, s'adapte avec son dos et sa nuque, une épaule en retrait et donc une main qui va faire une tension asymétrique dans la prolongation de la bouche du cheval... Et on obtient un cheval qui reçoit plus de tension sur une ATM (articulation temporo­mandibulaire = mâchoire), s'incurve légèrement d'un côté sur les cervicales hautes et la chaîne peut continuer encore (ainsi que par le biais de l'appui asymétrique des ischions (fesses) de son cavalier directement sur son dos). Il est important que les cavaliers se fassent eux aussi traiter en ostéopathie lorsqu'il y a un problème récurrent sur leur cheval. Souvent on ne se rends pas compte de ses propres dissymétries surtout si elles sont installées depuis longtemps... Parfois une personne extérieure attentive peut s'en rendre compte. Un petit exercice à faire pour s'entraîner à voir les déséquilibres : observez un cavalier sur son cheval en ligne droite de dos et cherchez si les 2 épaules sont à la même hauteur (pouvez vous tracer une ligne droite ?), pareil pour le bassin, les pieds (talons au même niveau ?) puis la ligne du dos, a-t-elle un mouvement souple harmonieux ou raide, le cavalier penche-t-­il légèrement d'un côté ? L'effet peut être accentué si le cavalier ferme les yeux et monte sans selle (tenu par une tierce personne).

De la même manière on peut observer le cheval avec et sans cavalier : a-t­-on une différence sur la symétrie du bassin (montée et descente des hanches), engagement postérieur (de profil), poser des membres, port de la tête (plus haut, dévié sur le côté ?)... Si on veut prendre tous les paramètres qui influent sur l'équilibre du cheval il faut aussi s'intéresser au saddle fitting c'est­-à­-dire à l'adéquation de la selle au cheval et au cavalier, voir pour infos le blog très complet http://www.saddlefitting.fr/.

Une selle non adaptée est très souvent à l'origine de points de tensions et donc de dysfonctions sur le cheval. Et bien sûr la dentisterie équine (points de tensions sur les ATM ­­> Dysfonctions cervicales et parfois plus loin au niveau vertébral), et le parage/ferrure qui doit être adapté au cheval. L'alimentation et les conditions de vie entrent aussi en compte.

En outre du travail sur le système musculo­-squelettique, les possibilités de l'ostéopathie ne s'arrêtent pas là... On peut agir sur le système viscéral : les organes ont une motilité propre et sont en lien avec les autres structures, on peut donc travailler selon différentes techniques via l'étage vertébral correspondant ou encore via les attaches... Ce qui peut être utile après une opération chirurgicale où il y aura des cicatrices (donc adhérences qui entravent la mobilité) ou suite à des coliques ou d'autres troubles digestifs, génito­-urinaires.

Merci à Morgane pour cet article !

Plus de renseignements sur www.osteoanimal-equilibre.com

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